Qu’est-ce que la danse libre ?

La danse libre, pour moi, c’est une expérience sensorielle. La découverte d’une simplicité et d’une facilité du mouvement au détour d’un lâcher-prise, d’un conseil, de l’observation d’un.e autre danseur.se. C’est sentir soudain au fond de son ventre une voile qui se gonfle dans le vent, ou l’infinité précieuse de la suspension. « Accrocher son char à une étoile ».

François Malkovsky (1889-1982), puis les diverses générations de professeur.e.s lui ayant succédé, s’est efforcé de transmettre une danse de la vie, qui permette à chacun de retrouver un mouvement naturel, réflexe, de suivre les lois naturelles qui régissent nos corps. De ces recherches est née la danse libre Malkovsky, une danse non pas libre au sens de l’improvisation ou de la possibilité pour chacun.e de danser de la façon dont il.elle le souhaite, mais plutôt libératrice, permettant la circulation de l’énergie vitale.

C’est une danse qui soigne, et surtout qui est accessible à tou.te.s, indépendamment de l’âge ou de la forme physique. A titre d’exemple, Annie Garby, grande professeure de l’ADL (Association de Danse Libre, basée à Dijon), continue d’enseigner en France et en Espagne, à l’âge de 95 ans. Si je devais m’adresser à une personne se sentant limitée physiquement, je lui dirais d’oser venir danser, car la danse libre est le mouvement le plus respectueux du corps que je connaisse. Respectueux de par sa technique qui permet de trouver du repos dans nos capacités physiques, mais aussi de par une bienveillance entre danseur.se.s, qui fait que chacun s’arrête là où il a envie de s’arrêter, commence là où il a envie de commencer.

C’est aussi une technique qui développe grandement l’écoute musicale, et l’expressivité. Aussi longtemps que dure la danse, nous sommes des prismes desquels émane une émotion, une couleur, dictées par la musique. Cette attention constante portée à la musique est pour moi un régal, et m’a permis de vraiment apprendre à écouter, là où je ne faisais qu’entendre.

La technique Malkovsky est constituée de principes, de mouvements, mais aussi de chorégraphies, qui nous invitent à devenir quelqu’un.e d’autre, à aller chercher loin en nous l’émotion, le ressort qui changent notre danse. C’est là le travail du comédien, qui alors qu’il est fou de joie doit soudain incarner l’homme en deuil ; de la comédienne qui, jeune et en pleine santé, se met dans la peau de la lionne blessée. Quelque part, la danse libre, c’est du théâtre, mais un théâtre davantage porté par le corps et moins par les mots.

Le lien avec les émotions, dans une danse libre idéale, est omniprésent. Car la danse est une mise en mouvement extérieure d’un mouvement intérieur. De même qu’une interprétation chorégraphique n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle est habitée par une émotion, le chemin vers une danse épanouie passe par un lâcher-prise émotionnel. C’est dans ce sens que cette association s’appelle Deja fluir, « laisse passer », « laisse que ce qui t’habite circule » en espagnol. La danse libre prend alors sa pleine dimension de danse pour un mieux-être. Elle est un reflet de qui nous sommes, profondément.

Cet article commence à devenir un peu long pour qui n’est pas passionné.e par la danse Malkovsky. Aussi si vous ne deviez retenir que quelques mots, à mes yeux, ce seraient : épanouissement, retrouvailles, écoute et simplicité.

Merci d’avoir lu ce texte jusqu’au bout et de vous être intéressé.e à cette pratique, et peut-être à bientôt au détour d’un cours !

Juliette Deltour

Photo : Laura Portier

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